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ECONOMIE des USA

AMERIQUE du NORD

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Les Etats-Unis, première puissance économique du monde, disposent d'abondantes ressources agricoles, énergétiques et minières. Appliquant le principe de la libre entreprise, les Américains les exploitent avec ardeur, parfois même avec excès. Ils s'acheminent pourtant vers une économie de services dominée par le secteur tertiaire. Même s'ils se heurtent à la concurrence de l'Asie orientale, les échanges extérieurs sont considérables: les États-Unis sont le premier exportateur et le premier importateur mondial.
 
Agriculture
L'agriculture américaine, la première du monde par la valeur de sa production et de ses exportations, ne manque pas d'atouts : immensité de la surface agricole (418,2 millions d'hectares en 1999), large gamme de climats subtropicaux et tempérés, colonisation à la fois récente, rationnelle et systématique. 
 
L'agriculture américaine est spéculative et tournée vers l'exportation. Les terres agricoles, couvrant 43% du territoire, sont réparties de la façon suivante : 2 millions d'ha de cultures permanentes (terres consacrées à des cultures ne devant pas être replantées après chaque récolte comme le cacao, le café), 239 millions d'ha de prairies et pâturages permanents, 176 millions d'ha de terres arables (terres affectées aux cultures temporaires), 22,4 millions d'ha irrigués. Cependant, la population agricole ne représente que 2% de la population active. La mécanisation est très poussée : 4,8 millions de tracteurs et 662 000 moissonneuses-batteuses suppléent le petit nombre de ruraux. Quant à la concentration foncière, elle n'a cessé de s'accélérer : les Etats-Unis comptaient 1 925 000 exploitations en 1992, contre 5,6 millions en 1950. Leur taille moyenne est passée de 193 à 205 ha de 1987 à 1992 et les grandes exploitations sont de plus en plus nombreuses.
 
La recherche du profit a également conduit les agriculteurs à la monoculture. Mais la monoculture tend à s'atténuer progressivement en raison des inconvénients qu'elle présente : érosion des sols, surproduction, et de ce fait, effondrement des cours. Pour y remédier, les fermiers ont diversifié leurs cultures, même si les spécialisations régionales subsistent.
 
Les productions agricoles L'éventail des productions est très vaste et le pays occupe les meilleurs rangs pour nombre d'entre elles ; les seules dépendances concernent les produits tropicaux comme le café, le cacao, les bananes, etc. En 2000, l'Union a produit 253,2 millions de tonnes de maïs (premier rang mondial), 60,5 millions de tonnes de blé (troisième rang mondial derrière la Chine et l'Inde) et 15,6 millions de tonnes d'agrumes. Les productions d'orge (6,9 millions de tonnes en 2000), de riz (8,6 millions de tonnes en 2000), de betteraves sucrières (29,4 millions de tonnes en 2000), de soja (71,9 millions de tonnes en 1999) et de vin comptent aussi parmi les plus importantes du monde. L'énorme récolte céréalière alimente des cheptels de bovins et d'ovins ; les productions de viande (37,6 millions de tonnes en 2000) et de lait (76,2 millions de tonnes en 2000) placent les États-Unis au premier rang mondial.
 
Foresterie
Avec 265 millions d'hectares, les Etats-Unis disposent d'un vaste domaine forestier. En Nouvelle-Angleterre (Connecticut, Massachusetts, Maine, New Hampshire, Rhode Island, Vermont) et dans la région des Grands Lacs, zones défrichées avec trop d'ardeur par les pionniers, les pouvoirs publics encouragent le reboisement. Les deux principaux massifs forestiers sont dorénavant localisés dans les montagnes de l'Ouest (Rocheuses, Cascades, sierra Nevada), le Piedmont appalachien et la plaine littorale atlantique. La production, seulement dépassée par celle de la Fédération de Russie, ne suffit pas à la très forte consommation nationale: les États-Unis importent d'énormes quantités de bois d'œuvre et de papier journal du Canada voisin.
 
Pêche
La pêche fournit 5,4 millions de tonnes de poisson et crustacés. Elle a presque disparu en Nouvelle-Angleterre, après avoir fait, pendant trois siècles, la fortune de Boston, de Plymouth et de New Bedford. Elle s'est déplacée vers le golfe du Mexique, l'Alaska (Juneau) et la Californie (San Pedro), où des réfugiés vietnamiens lui ont donné un nouvel essor. Le thon et l'anchois californiens, la crevette de la Louisiane, le saumon de l'Alaska et du Nord-Ouest, les poissons plats et les praires de Nouvelle-Angleterre sont les captures les plus rémunératrices.
 
Ressources minières et énergétiques 
Le pays est un grand consommateur d'énergie (1,996 millions de tonnes d'équivalent pétrole en 1993), et sa production pourtant gigantesque (383,2 millions de tonnes de pétrole brut), n'y suffit pas. La consommation donne la prépondérance au pétrole (40,7 %), devant la houille (24,6 %), le gaz naturel (24,1 %), le nucléaire (9,3 %) et l'hydroélectricité (1,3 %).
 
Industrie
L'industrie américaine naît, après la guerre civile (1861-1865), à l'abri de hautes barrières douanières. Elle dispose alors de ressources intactes, d'un marché intérieur en pleine expansion et de la main-d'œuvre bon marché des Noirs libérés de l'esclavage. Les immigrants européens fournissent aussi d'importants contingents. Les États-Unis deviennent le premier producteur mondial d'acier dès 1897. 
 
En 1929, les États-Unis produisent 45 % du charbon, 50 % de l'acier, 70 % du pétrole, 80 % des automobiles et 55 % des machines du monde. 
 
Malgré son déclin relatif, l'industrie américaine conserve le premier rang mondial, notamment grâce à la chimie (Du Pont de Nemours, Union Carbide, Dow Chemical), au pétrole (Exxon, Mobil, Gulf, Texaco), à l'automobile (Ford, General Motors), à l'aéronautique (Boeing, McDonnell Douglas, Lockheed), à l'espace (Rockwell, General Dynamics), aux communications (ITT), à l'informatique (IBM, Digital, Honeywell, Hewlett Packard, Apple, Xerox) et à la photographie (Kodak). Ces «géants» font en outre travailler de nombreux sous-traitants. 
 
L'espace compris entre les Appalaches et les Grands Lacs reste le principal foyer industriel américain, avec surtout les industries lourdes et les industries de base: charbonnages, aciéries, automobile, machines agricoles, caoutchouc, verre, matériel électrique, chimie minérale, minoterie. Detroit, qui reste la capitale mondiale de l'automobile, dispose de milliers de fournisseurs dans les États du Michigan, de l'Illinois et du Wisconsin. Mais les concurrents japonais ont implanté de nombreuses usines dans la région, y compris dans le Tennessee et au Kentucky (ils détenaient 30 % du marché automobile américain en 1992). Avec plus de 6 millions d'automobiles [1996] et 5,7 millions de véhicules utilitaires par an, la production américaine est dépassée par celle du Japon (7,8 millions d'automobiles) [1996]. La sidérurgie des Grands Lacs (Chicago-Gary-Cleveland) conserve le premier rang américain devant celles de la côte atlantique (Sparrows Point) et de Californie. 
 
Autour de Boston, la Nouvelle-Angleterre, longtemps réputée pour ses industries fines (horlogerie, joaillerie, matériel électrique), a entrepris un effort de reconversion vers les secteurs de haute technologie (instruments de mesure et de contrôle, ordinateurs, robots, équipements hospitaliers, produits pharmaceutiques). 
 
L'industrie chimique est surtout représentée le long de la côte sud. Houston et Galveston disposent de la plus forte concentration mondiale d'industrie pétrochimique ; Corpus Christi et Texas City possèdent des raffineries de métaux non ferreux importés d'Amérique latine. Notons qu'à la production offshore du golfe s'ajoute celle de la Basse-Californie et surtout de l'Alaska dans la région de Prudhoe Bay. La partie intérieure du Sud - vestige du Cotton Belt - accueille l'essentiel de l'industrie cotonnière (Atlanta), du tabac (Richmond) et du meuble (Memphis). La confection reste fidèle aux grandes agglomérations (New York, Chicago, Saint Louis, Los Angeles), mais elle est concurrencée par les productions asiatiques ou mexicaines. 
 
Le Middle West s'est spécialisé dans le matériel agricole et les industries agroalimentaires : minoteries, conserveries. Les plus importantes sont localisées à Chicago, Buffalo, Minneapolis, Saint Paul, Saint Louis et Kansas City. L'Ouest est la terre des matières premières : ses sous-sols renferment des métaux rares ou non ferreux et surtout du charbon dont les principales mines sont concentrées dans le Wyoming, l'Utah et le Montana. 
 
De Seattle à Los Angeles, la façade pacifique connaît depuis les années 1970 un développement remarquable fondé sur l'aérospatiale, l'électronique et les médias. Trois groupes, Boeing, Lockheed Martin et Raytheon, dominent la construction spatiale et aéronautique. Ils travaillent pour le marché civil mais aussi pour le marché militaire, domaine dans lequel les commandes passées en 1999 représentent le triple de celles réalisées en Europe. La plupart des entreprises électroniques et informatiques sont localisées dans la Silicon Valley. Quant aux sociétés de cinéma et de télévision, elles sont implantées à Los Angeles (Hollywood), où elles emploient près de 900 000 personnes. Los Angeles est également un important centre de la création musicale. Au nord, les États de l'Oregon, de Washington et du Montana fabriquent près de la moitié de l'aluminium du pays ainsi que de la pâte à papier.
 
Les moyens de communication Les Etats-Unis maîtrisent parfaitement leur immense espace grâce à la surabondance des moyens de transport et de communication dont ils disposent. Les chemins de fer, qui furent l'instrument privilégié de la conquête de l'Ouest au XIXe siècle, ont vécu leur apogée. Ils sont aujourd?hui confinés au transport des pondéreux et aux dessertes rapides (Amtrack) sur quelques itinéraires très fréquentés (par exemple, Boston-New York-Philadelphie-Washington). Près de 278?000 km de rails sillonnent le territoire des États-Unis (premier rang mondial). La navigation intérieure rend de grands services dans le transport des céréales et des pondéreux sur le Mississippi et les Grands Lacs (ces deux axes majeurs génèrent chacun un trafic annuel de 200 millions de tonnes); des canaux relient d'ailleurs les seconds aux affluents du premier. 
 
L'énorme parc automobile des Etats-Unis (150 millions de voitures, 48 millions de véhicules utilitaires en 1993) reflète le haut niveau de vie et la très grande mobilité de la population; il dispose d'une infrastructure de 6?2 millions de kilomètres de routes, dont 80?000 d'autoroutes. 
 
L'avion, moyen de transport presque banal et quotidien, offre une grande variété de services (vols régionaux et intrarégionaux, avions-taxis, avions privés, avions-cargos pour le fret). Le marché, déréglementé depuis 1978, est dominé par trois compagnies, United Airlines, American Airlines et Delta Airlines. Dans le domaine du fret, les Américains sont les premiers au monde. Cette réussite est liée notamment à la mise en place de plates-formes aéroportuaires visant à faciliter les interconnexions (les Hub and Spokes). Sur le territoire américain, les principaux hubs sont New York, Atlanta, Chicago, Los Angeles, San Francisco et Dallas. 
 
Des satellites géostationnaires, qui effectuent la surveillance du territoire, permettent la circulation des données informatiques, des conversations téléphoniques et des programmes de télévision. 
 
Les échanges extérieurs Premier importateur et premier exportateur mondial, les États-Unis dominent massivement les échanges internationaux par le poids de leurs multinationales à l'étranger et l'usage généralisé du dollar comme monnaie de réserve. 
 
La balance commerciale américaine enregistre un déficit supérieur à 115 milliards de dollars, le taux de couverture des importations par les exportations n'excédant pas 80 % (au Japon, il s'élève à 133 %). Les exportations, bien que variées et abondantes, concernent à 82 % des produits industriels (avions, machines-outils, matériel électrique et électronique, médicaments, produits chimiques, etc.). Héritage du passé récent d'un pays neuf, les exportations agricoles représentent 9 % des recettes extérieures de l'Union, le charbon et les minerais 9 %. Si elles diffusent leurs produits dans le monde entier, les sociétés américaines ont trois clients principaux: l'Union européenne (23 % des ventes), le Canada (21 %) et le Japon (11 %). Dans le même temps, les Américains n'ont pas su résister à leur «boulimie» d'importations: 80?3 % pour les produits industriels (souvent de meilleure qualité que ceux de l'industrie nationale), 11 % pour le pétrole, 5?7 % pour les denrées alimentaires (principalement les fruits tropicaux), 3 % pour les matières premières (surtout des minerais). Les principaux fournisseurs sont le Japon, le Canada et l'Union européenne (18?5 % chacun), devant les pays producteurs de pétrole (12 %). 
 
Avec un excédent de 14 milliards de dollars (1994), les recettes internationales dégagées par les services ne couvrent qu'une faible partie du déficit du commerce américain en biens matériels. La flotte nationale (20 millions de tonneaux de jauge brute), les compagnies aériennes, les banques new-yorkaises, l'audiovisuel, les agences de presse, les sociétés de comptabilité ou de travaux publics, l'ingénierie, le tourisme contribuent à la solidité de la balance des services. 
 
Les transferts unilatéraux sont déficitaires en raison des «responsabilités mondiales» des Etats-Unis (entretien de la flotte de guerre et des troupes stationnées outre-mer, aide aux pays du tiers-monde) et des envois d'argent des travailleurs immigrés aux familles restées dans leur pays d'origine. 
 
Les déficits commerciaux américains alimentent d'énormes avoirs en dollars chez certains exportateurs et États étrangers; d'une façon générale, ils restent aux États-Unis sous forme de participations directes (immeubles, terrains, parts dans le capital de sociétés) et surtout d'investissements de portefeuille (bons du Trésor). Les flux de capitaux jouissent donc, à long terme, d'une balance largement positive (ainsi les États-Unis se voient-ils fréquemment accusés de drainer l'épargne du monde entier). De son côté, l'opinion publique s'inquiète des achats immobiliers effectués par des étrangers (récemment ceux des Japonais en Californie et à New York) et du volume croissant des actions et obligations détenues par des investisseurs d'outre-mer. 
 
Les services financiers L'intensité des échanges intérieurs et extérieurs suppose l'existence d'un secteur financier puissant et diversifié. Celui-ci offre plus de 3 millions d'emplois, dont la croissance annuelle (4 %) est l'un des nombreux témoins de la tertiarisation croissante de l'économie américaine. Après avoir détrôné Londres, New York est devenue la première place financière du monde au cours des années 1960, avant d'être menacée par l'essor de Tokyo. 
 
Le secteur bancaire se distingue de celui du Vieux Continent par son émiettement: 11?700 établissements en 1992. Une loi de 1838 limitant le ressort des banques à un seul État de l'Union a entraîné la multiplication de petites banques à rayonnement local. Quelques-unes ont pourtant acquis une position dominante à l'échelle mondiale (Chase Manhattan, Citybank, First Boston, First Chicago, etc.). La Banque centrale (Federal Reserve Board) ne date que de 1913. Les banques américaines ont suscité des innovations technologiques (cartes de crédit, distributeurs de billets) qui ont été reprises dans le monde entier. La libération des taux d'intérêt (1986) a accentué la concurrence et accéléré un nécessaire mouvement de concentration des entreprises; il n'est un secret pour personne que certaines ont des créances douteuses en Amérique latine et auprès des agriculteurs (l'endettement des agriculteurs américains a quadruplé de 1970 à 1985). 
 
Les sociétés d'assurances, elles aussi très nombreuses, prospèrent en raison de leur fonction dans la protection sociale, qui n'est pas dévolue à l'État ou à des organismes paraétatiques, comme c'est le cas dans la plupart des pays riches. 
 
Les Etats-Unis possèdent quelques-uns des marchés à terme les plus actifs au monde: New York, Chicago, Los Angeles, Philadelphie et Boston. On y traite des marchandises (blé, maïs, huile, tourteaux de soja) et, de plus en plus, des bons du Trésor, des actions, des options et obligations et des devises étrangères. Créancier du monde, surtout pendant la guerre froide, les États-Unis sont pourtant, et de loin, le pays le plus endetté (la dette représente 64?% du PIB).