Etat fédéral
d'Amérique du Nord, bordé au nord par le Canada,
au sud par le Mexique, et ouvert à l'est sur l'océan
Atlantique, au sud-est sur le golfe du Mexique et à l'ouest
sur l'océan Pacifique; 9.629.091 km2; 278.058.88 millions
habitants (Américains).
Leur superficie
(9.629.091 km2) place les États-Unis au quatrième
rang des pays les plus vastes, 4.500 km (quatre fuseaux
horaires) séparent l'Atlantique du Pacifique, et 2.500 km
la pointe de la Floride du 49e parallèle, ligne faisant
office de frontière avec le Canada. Les îles Hawaii
s'égrènent sous le tropique du Cancer, tandis
que l'Alaska, grand comme trois fois la France, s'étend
en partie au-delà du cercle polaire arctique.
Les régions
naturelles, allongées en grandes bandes méridiennes,
ont constitué autant d'obstacles à la vague de
peuplement progressant de l'Atlantique vers la côte ouest,
aux pionniers confrontés aux défis répétés
de la Frontier.
Cinq grands
ensembles morphostructuraux se partagent les 48 États
contigus. Un fragment du vieux Bouclier canadien s'individualise
dans le Nord-Est, région où les roches archéennes
nivelées offrent un parfait paysage de pénéplaine
(altitude modérée, moutonnement infini des collines).
Le glacier quaternaire issu de la baie d'Hudson a poli et strié
le substratum en creusant des milliers de cavités qui
ont été transformées en lacs après
la fusion des glaces.
Le système
appalachien, qui s'étend de Terre-Neuve à l'Alabama
sur 2.500 km, est un ensemble de plateaux, de crêtes
et de sillons parallèles, vestiges d'une chaîne
de montagnes d'âge hercynien. L'érosion a dégagé
de longues bandes de roches dures (ridges) et creusé
des dépressions dans des matériaux tendres (valleys),
comme la vallée du haut Tennessee. Les Appalaches sont
bordées à l'est par un plan incliné, le
Piedmont, dont le contact avec la plaine côtière
est souligné par une ligne de chutes d'eau (Fall Line).
La région
des Grands Lacs a été sculptée par les
eaux courantes et les glaciers quaternaires. Les cinq lacs –
Supérieur, Michigan, Huron, Érié et Ontario
–, qui sont aussi vastes que la moitié de la France,
forment la plus grande étendue d'eau douce au monde.
Tout autour et au sud des lacs, le passage des glaciers est
attesté par la présence d'abondantes moraines
formant des collines arrondies. Atout pour l'agriculture, les
dépôts fertiles de lœss sont un autre témoin
de l'ère quaternaire.
Quatrième
ensemble structural, les Grandes Plaines s'élèvent
lentement vers l'ouest à partir des rivages du golfe
du Mexique. Leur platitude est telle qu'on jalonnait les principaux
itinéraires au XIXe siècle (Llano Estacado).
La sécheresse du climat se prête parfois à
la formation de dunes mobiles (Nebraska). Les averses, rares
mais souvent violentes, ont creusé un relief de crêtes
ébouleuses dans des argiles (bad lands du Dakota).
Au-delà
du centième méridien, l'Ouest est la partie la
plus montagneuse du territoire. Trois orogenèses successives
ont œuvré à sa formation, chacune imposant
au relief de nouvelles directions contournant les «môles»
rigides ayant échappé à tout plissement.
Les montagnes Rocheuses doivent à leur ancienneté
relative des formes lourdes et des altitudes modérées,
rarement supérieures à 3?000 m. La barrière
du Colorado est constituée de couches sédimentaires
multicolores au sein desquelles le fleuve homonyme et ses affluents
se sont profondément encaissés; l'érosion
y a sculpté un merveilleux dédale de tours, de
ravins et de clochetons. Le Nord-Ouest est une région
volcanique par excellence: la Snake et ses affluents s'encaissent
dans les coulées de tufs et de laves de l'Oregon; plus
à l'ouest resplendissent les alignements des cônes
volcaniques de la chaîne des Cascades, que domine le mont
Shasta (4.317 m). Dans le Sud-Ouest alternent dépressions
tectoniques et blocs soulevés, comme la sierra Nevada,
où se dresse le mont Whitney (4.418 m), point culminant
des 48 États contigus. L'écoulement irrégulier
aboutit dans des lacs (Grand Lac Salé). Les Coast Ranges
(«chaînes côtières») sont des
montagnes en formation secouées de fréquents séismes
(celui de 1906 a détruit San Francisco;
celui de 1989 a fait d'importants dégâts);
elles sont creusées de longues dépressions longitudinales,
telle la Grande Vallée californienne.
L'Alaska
prolonge le système montagneux de l'Ouest en une double
chaîne de montagnes arquée, elle aussi en cours
de surrection. Son plus haut sommet, le mont McKinley (6?194 m),
est le point culminant de l'Amérique du Nord. Au-delà
des plateaux du Yukon, une large plaine alluviale s'incline
vers les eaux froides de l'océan Arctique.
Hydrologie
Les fleuves
des États-Unis sont gigantesques. Le Mississippi-Missouri,
long de 6.019 km depuis la source du Missouri, draine 3.220.000 km2,
soit 41 % de la superficie des 48 États contigus.
À leur confluent, les deux fleuves réunis ont
un débit moyen de 6.000 m3/s, auquel l'Ohio ajoute
8.000 m3/s. Le fleuve connaît des hautes eaux d'hiver
et de printemps et un étiage à la fin de l'été
ou au début de l'automne. Son cours inférieur,
très lent et encombré d'innombrables méandres,
se termine par un des plus grands deltas du monde. Le Mississippi-Missouri
charrie chaque année 2 millions de tonnes d'alluvions
dans le golfe du Mexique.
Le Colorado,
long de 2.317 km, naît de la fonte des neiges dans
les Rocheuses. Il traverse les plateaux secs du Sud-Ouest par
le spectaculaire canyon qui porte son nom. Les États
riverains se disputent âprement l'utilisation de ses eaux;
Denver en amont, Los Angeles et les vallées californiennes
(Grande Vallée, Vallée impériale) en aval
en détournent une partie. Son débit est nettement
plus faible (700 m3/s) que celui du fleuve canado-américain
Columbia (4.000 m3/s à l'embouchure, avec l'appoint
de la Snake). Ces deux fleuves sont coupés de nombreux
barrages hydroélectriques. En Alaska, l'immense Yukon
(3.185 km de la source à l'embouchure) déverse
ses eaux dans une zone deltaïque baignant le golfe de Béring;
la débâcle du printemps élargit profondément
son lit.
Végétation
À
l'état naturel, la forêt couvrait la majeure partie
de l'Union. Bien qu'intensément défrichée,
elle occupe encore 27 % du territoire, dont une grande
part (la totalité pour les parcs nationaux) appartient
à l'État fédéral ou aux États
qui le gèrent.
Le Nord-Est
et la région des Grands Lacs sont par excellence le domaine
de la forêt mixte. Les conifères (pin blanc, pin
rouge, cyprès) sont plus nombreux que les feuillus (bouleau,
hêtre, tilleul, orme, frêne, érable). Comme
au Canada, on exploite la sève de l'érable à
sucre pour la confiserie. Au cours de l'été indien,
les frondaisons resplendissent de toutes les nuances du rouge
cuivré, de l'or et du brun. Vers le nord, les feuillus
se raréfient; dans la forêt boréale, seul
le bouleau accompagne encore les conifères (pin, sapin,
épicéa). Les sols, dérivés de roches
anciennes ou de débris morainiques parfois lessivés
par la fonte des neiges, sont tantôt des podzols gris,
tantôt des sols bruns forestiers.
Les Appalaches
et leur bordure occidentale abritent la plus vaste forêt
pure de feuillus de l'Amérique du Nord: chêne,
châtaignier, hêtre, orme, noyer, bouleau et platane
forment de belles futaies. Dans la densité du sous-bois
se remarque la vigne sauvage, espèce insensible au phylloxéra.
Sur le Piedmont appalachien et la plaine côtière
atlantique, les feuillus cèdent progressivement la place
aux conifères méridionaux. Toutefois, il reste
peu de chose de cette forêt primitive, qui a été
trop intensément défrichée.
Le Sud-Est,
à l'intérieur d'un triangle Miami-Washington-Houston,
était originellement couvert d'une forêt pure de
conifères tropicaux, dont Faulkner décrit la surexploitation
dans Lumière d'août (1932). Sa vigueur reste extraordinaire:
les pins arrivent à maturité en seulement vingt
ans. Le long de la façade littorale et en Floride croissent
le chêne à larges feuilles, la mangrove tropicale
et les formations aquatiques (marais des Everglades). Les sols,
lessivés par l'abondance des pluies, sont des podzols
colorés, rougis ou jaunis par des oxydes de fer.
Les Grandes
Plaines du Middle West présentent les sols les plus fertiles
du pays, en particulier ceux qui reposent sur le lœss éolien,
matériel meuble favorable aux labours. L'humus superficiel
donne à ces sols une coloration brune évoquant
les tchernozems ukrainiens. Les sols deviennent plus clairs
à mesure qu'on avance vers l'ouest. La Prairie, en fait
une steppe de graminées, semble être une formation
climacique, bien que les arbres puissent s'y développer
aisément. En direction des Rocheuses, elle s'adapte à
la diminution de la pluviosité et devient moins drue;
la formation haute et serrée de l'Est (tall grass) fait
place à des touffes plus basses (short grass), puis à
des plaques discontinues d'«herbe à bison»
(buffalo grass). L'Ouest intérieur porte souvent des
sols squelettiques peu évolués et reçoit
une pluviosité irrégulière. Les montagnes
se couvrent d'une forêt claire de pins (Rocheuses), avec
le genévrier (Arizona) ou l'épicéa (Idaho,
Wyoming, sierra Nevada). Les plateaux volcaniques semi-arides
du Nord-Ouest portent des sols brun clair et une steppe basse
de graminées. Dans les dépressions les plus arides,
seuls subsistent la steppe à armoise (Utah) et les cactées
des déserts (Mohave, Vallée de la Mort).
La bordure
pacifique doit à l'abondance de ses pluies son puissant
couvert forestier: forêt de spruces et de pins Douglas
dans l'Oregon; forêt de séquoias toujours verts
du nord de la Californie (État où se dressent
les plus grands arbres du monde – parfois au-dessus de
140 m). Vers le sud de la Californie, la forêt se
dégrade en un maquis d'arbustes xérophiles, le
chaparral (chêne vert, pin pignon, prunus, bruyère).
Personnalités
Nord américaines
La
population