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La POPULATION des USA

AMERIQUE du NORD

Les Etats-Unis sont, après la Chine et l' Union indienne, le troisième pays du monde par la population avec 281.421.906 habitants. En deux siècles, la population a été multipliée par 64, et s'est accrue de 32,7 millions depuis le dernier recensement de 1990.
 
L'ampleur de l'accroissement démographique américain s'explique largement par une immigration soutenue. À l'exception des Amérindiens, les Américains sont tous des immigrés ou des descendants d'immigrés qui font de ce pays la première terre d'accueil du monde (plus de 64 millions d'immigrants légaux de 1820 à 1998). 
 
L'immigration a connu des phases distinctes en rapport avec les fluctuations politiques, économiques ou démographiques de l'Europe. Jusqu'au XVIIIe siècle, les immigrants (puritains pour la plupart) sont venus d'Angleterre ou d'Écosse d'où les chassait l'intolérance religieuse. Entre 1850 et 1914, les grands courants d'immigration s'infléchissent. Ils sont 30 millions à traverser l'Atlantique, mais le flot des îles britanniques, s'il ne tarit pas, reçoit des affluents de plus en plus substantiels de l'Europe continentale. Aux Irlandais (un tiers des immigrés entre 1820 et 1860), jaloux de leur identité culturelle insulaire face aux Anglais, mais comme eux anglophones, vont succéder des populations de l'Europe du Nord-Ouest : Pays-Bas, Allemagne (un quart des immigrés entre 1830 et 1860) et Scandinavie (2 millions entre 1820 et 1920). D'un niveau culturel élevé, pourvus d'un modeste pécule, ils s'intègrent rapidement. Plus de 20 millions de candidats affluent ensuite, entre 1880 et 1914 ; fuyant la misère de l'Europe orientale et méridionale, la plupart sont Russes, Ukrainiens, Polonais, Tchèques, Juifs de l'Empire russe et Italiens (4 millions entre 1880 et 1920). D'autres viennent de l'Empire ottoman (Libanais, Syriens, Arméniens) et de l'Extrême-Orient (Chinois, Japonais). La majorité d'entre eux débarquent à Ellis Island, véritable «salle d'attente» pour les candidats à la citoyenneté américaine, qui fonctionne de 1892 à 1943. Désirant mettre un frein à un mouvement migratoire jugé excessif, le Congrès vote des lois dont le système des quotas (1921, 1924), en vigueur jusqu'en 1965, vise à limiter l'accès de l'Union aux peuples les plus anciennement installés (anglo-saxons protestants). L'établissement de ces quotas provoque le ralentissement de l'immigration au cours des années 1920 (4?1 millions) ; elle se tarit presque les vingt années suivantes (1?56 million), conséquence de la crise économique puis de la guerre. 
 
Depuis 1950, et surtout après 1960, l'immigration a repris et n'a pas cessé de s'amplifier : 25,2 millions de 1951 à 1998, dont 5,8 avant 1970, 11,8 entre 1971 et 1990 et 7,6 depuis. Le nombre d'Européens a fortement diminué (5,1 millions entre 1951 et 1998, soit 20% des entrées), la plupart d'entre eux provenant du Royaume-Uni, d'Italie, d'Allemagne (0,6 M entre 1951 et 1970) du Portugal et de Pologne. Sont arrivés 7,2 millions d'Asiatiques et de gens originaires du Pacifique, soit 28,5% du total. À côté des Chinois, on relève un nombre croissant de Philippins, de Coréens du Sud et de personnes venues de la péninsule indochinoise. Plus nombreux encore sont les Latino-américains : plus de 10,8 millions (sans compter les clandestins), soit près de 42,8% de l'ensemble. Outre Porto Rico, les plus forts contingents viennent du Mexique et, mais bien moins nombreux, des Grandes Antilles (Cuba, Haïti, République dominicaine). On compte dans ce flot également un grand nombre de réfugiés politiques (1, 5 million de 1961 à 1988) issus des anciennes démocraties populaires (moins de 15%), d'Amérique centrale (30%), en presque totalité de Cuba, et d'Asie (55%), en majorité de la Péninsule indochinoise (430 000 du Viêt-nam après 1975). 
 
Ces chiffres ne tiennent pas compte de l'immigration clandestine : parmi les 37,2 millions de nouveaux Américains, 11 millions en seraient issus [2000]. La plupart d'entre eux sont Mexicains : le nombre des Chicanos (Mexicains) vivant aux États-Unis était estimé à plus de 14 millions en 1995, dont un tiers au moins de clandestins, une proportion qui s'explique par la difficulté à surveiller efficacement la frontière méridionale, longue de 3 115 km, malgré des mesures répressives et la signature en 1992 d'un accord de libre-échange nord-américain (ALENA) entre le Canada, le Mexique et les États-Unis. 
 
Les minorités Si les descendants d'Européens constituent la majorité de la population des États-Unis, de nombreuses minorités vivent dans l'Union. À l'indépendance, il n'en n'existait que deux : les Noirs (757 000 en 1790) et les Indiens dont on a estimé en 1828 la population à 313 000 personnes. Les Asiatiques sont arrivés à partir de la seconde moitié du XIXe  siècle et les Hispaniques au début du XXe siècle. 
 
Le creuset américain (melting-pot) n'a jamais vraiment fonctionné, les diverses composantes du peuplement restant en réalité distinctes. La minorité noire compte en [2000] pour 12,3 % de la population (12,1 % en 1990); cette part est imputable à l'immigration forcée vers le Nouveau Monde de centaines de milliers d'Africains à partir de 1619. Si la traite des esclaves est interdite en 1808, l'esclavage perdure jusqu'en 1820 dans les États du Nord et 1863 dans ceux du Sud. Au XXe siècle, les Noirs fuient en nombre les plantations du vieux Sud pour tenter leur chance dans les grandes villes, surtout celles du Nord-Est. La proportion des Noirs urbanisés passe de 30 % en 1910 à 68 % en 1960 et à 85 % en 1990. Ils forment 76 % de la population de Detroit, 80 % de celle de Washington DC et plus de 40 % de celles de Chicago, Philadelphie et New York. Leurs niveaux de vie et de qualification sont inférieurs à la moyenne nationale. 
 
Longtemps dominante, la minorité noire est aujourd'hui rattrapée par la communauté hispanique, qui compte pour 13 % de la population totale, soit une augmentation de 4,2 % par rapport à 1990 : les «Latinos» (Mexicains, Cubains, Portoricains, Colombiens, etc.) se distinguent par leur religion (prépondérance catholique), leur bilinguisme espagnol-anglais et leur poids numérique dans les États du Sud-Ouest (38 % de la population totale au Nouveau-Mexique, un quart en Californie et au Texas, un cinquième en Floride). 
 
Les communautés juive (6,5 millions de personnes) et japonaise (850.000) jouissent d'un haut niveau d'intégration et de réussite sociale. Les autres minorités extrême-orientales s'efforcent d'imiter l'exemple japonais. La minorité indienne, bien qu'installée en Amérique depuis plusieurs millénaires, est l'une des plus misérables et des moins bien intégrées. Au cours des années 1980, la proportion d'Américains vivant au-dessous du seuil de pauvreté s'élevait à 14 %, mais à 29 % pour les Hispaniques et à 33 % pour les Noirs. 
 
Enfin, pour la première fois, le recensement de 2000 comptabilise 7 millions de «multiraciaux» dont la moitié a moins de 18 ans. 
Les Amérindiens Les premiers occupants de l'Amérique ont énormément souffert de leur contact avec les conquérants européens. Ces derniers ont apporté l'alcool, les armes à feu, les maladies du Vieux Continent, et ont suscité les migrations forcées vers l'ouest. De 1 million environ au XVIe siècle, leur effectif tombe à 230.000 au début du XXe siècle et s'élève à quelque 815.000 de nos jours. Placés sous la tutelle du Bureau des affaires indiennes depuis 1824, parqués dans des réserves, ils n'obtiennent la citoyenneté américaine qu'en 1924. Près de la moitié d'entre eux vivent dans les villes, où ils occupent des emplois peu qualifiés (80.000 à Los Angeles, 40.000 à San Francisco). Une forte proportion de la population indienne dépend de l'assistance publique (public welfare). 
 
Démographie
 
L'accroissement naturel (1% en 2000) dû à la faiblesse de la mortalité et au maintien d'une natalité légèrement supérieure aux taux européens, contribue également au gonflement démographique. En raison de conditions sanitaires globalement bonnes, sauf dans certains quartiers urbains délabrés, le taux de mortalité tombe à moins de 10 ‰ dès 1950 et se maintient depuis 1980 au voisinage de 9‰. À peu près équivalent entre les Noirs (8‰) et les Blancs (9,1‰) [1998], il révèle des différences sensibles d'un État à l'autre et d'une région à l'autre : la mortalité est plus élevée dans l'Est de l'Union et s'élève à plus de 10 ‰ dans certains États comme la Floride, le district de Columbia, la Virginie Occidentale, l'Arkansas. 
 
Le taux de mortalité infantile, ramené de 12,6 ‰ en 1980 à 7,2 ‰ en 1998, est deux fois plus fort chez les Noirs (14,1‰ en 1998) que chez les Blancs (6‰). 
 
La natalité, stimulée par la jeunesse et le dynamisme des immigrants, est restée très importante tout au long du XIXe siècle. Elle dépassait encore 25‰ en 1955 («baby boom»), avant de chuter très nettement au cours de la décennie 1965-1975 pour tomber à son niveau le plus bas en 1976 (14 ‰). À partir de 1977, elle se relève lentement, atteint 16,7 ‰ en 1990, un niveau légèrement supérieur à celui des autres pays industriels, puis diminue progressivement. En 2000, elle s'élevait à 15 ‰. La natalité varie en fonction des groupes ethniques. Elle est plus importante chez les minorités et chez les immigrés récents que dans la majorité WASP (White Anglo-Saxon Protestants). Son évolution traduit les changements de la société, notamment la banalisation de la contraception et la légalisation de l'avortement (1973). Une autre tendance s'affirme depuis les années 1980-1990 :  la très forte augmentation des naissances hors mariage dans les communautés noire et hispanique. En 1998, c'était le cas de 69,1% des naissances chez les premiers et de 41,6% chez les seconds. Par ailleurs, la comparaison des taux de natalité dans chaque État fait apparaître de très nettes différences régionales : les taux de natalité sont inférieurs à la moyenne nationale dans le Nord-Est atlantique et le Middle West, et supérieurs à la moyenne dans la majorité des États du Sud et de l'Ouest. 
 
Une population vieillie Comme dans les autres pays développés, la population américaine vieillit. L'âge médian est passé de 32,9 ans en 1990 à 35,3 ans en 2000 et la proportion des moins de 18 ans qui dépassait largement les 30 % en 1960 s'élève en 2000 à 25,7 % ; les personnes âgées de plus de 65 ans passaient aux mêmes dates de 9,2 à 12,4 %. C'est le Nord-Est de l'État qui a la plus grande proportion de plus de 65 ans (13,8% en 2000) et la plus petite proportion de moins de 18 ans (24,3%). La population la plus jeune vit dans l'Ouest (26,9% de moins de 18 ans, et 11% de plus de 65 ans en 2000). Toutefois, le recensement de 2000 révèle que la proportion des plus de 65 ans a augmenté moins vite que l'ensemble de la population (12,4% en 2000 contre 12,6% en 1990). 
 
En raison d'une longévité féminine de 5 ans supérieure en moyenne à celle des hommes, le vieillissement a entraîné une féminisation de la population, croissante jusqu'au début des années 1980 et en légère diminution depuis : le ratio homme/femme (nombre d'hommes pour 100 femmes) est passé de 98,7% en 1950 à 94,8% en 1980, 95,1% en 1990 et 96,3% en 2000. Le recensement de 2000 comptabilise 143,4 millions de femmes (50,9% de la population contre 51,3% en 1990) et 138,1 millions d'hommes. 
 
Les migrations intérieures Les pionniers du XIXe siècle ont légué à leurs descendants le goût du mouvement, du changement, la conviction que des opportunités s'offrent ailleurs et que la fortune peut sourire après un échec. La caravane, le yacht, le camping-car, le mobile home sont des symboles de l'Amérique moderne. Chaque année, 8 millions d'Américains quittent un État pour un autre. Ces mouvements «browniens», apparemment aléatoires, ont pourtant une résultante que confirme le recensement de 2000 : le déplacement du centre de gravité vers l'Ouest et le Sud et le repeuplement des villes. La population des États industriels du Nord-Est (Ohio, Illinois, Wisconsin, Massachusetts, New York, Maine, Connecticut, etc.) s'accroît moins que celle de l'ensemble de l'Union. Inversement, les États ensoleillés du Sud et de l'Ouest, ceux de la Sun Belt (la «ceinture de soleil»), connaissent de forts taux d'accroissement démographique, en particulier le Nevada (66% entre 1990 et 2000), l'Arizona (40%), le Colorado (30%), la Géorgie (26,4%), la Floride (23,5%), le Texas (22,8%) et la Californie (4 millions d'habitants supplémentaires entre 1990 et 2000). 
 
L'autre fait nouveau révélé par le recensement de 2000 est que l'accroissement démographique a profité aux grandes villes : l'urbanisation paralysée dans les années 1970-1980 reprend et les centres villes se repeuplent. New York a gagné 685 000 habitants depuis 1990, Los Angeles 209 000, Houston 323 000. Sur les dix premières grandes villes américaines, seules deux, Philadelphie et Detroit, ont vu leur population diminuer depuis 1990. Quant aux villes moyennes (250 000 à 1 million d'habitants), elles ne souffrent plus de désaffection mais connaissent une forte croissance démographique, surtout dans l'Ouest et le Sud : 85% de 1990 à 2000 pour Las Vegas, 41% pour Austin, 20% pour Tucson, 10% pour Sacramento, etc. C'est essentiellement à l'immigration latine et mexicaine que cette croissance est imputable. 
 
Tertiarisation et urbanisation Au XIXe siècle, les Américains sont encore un peuple de défricheurs et de cultivateurs. Le secteur primaire occupe 81 % de la population active en 1800, et 66 % en 1850. L'industrie connaît un essor formidable de la fin de la guerre de Sécession (1865) au krach de Wall Street (1929); pourtant, elle n'a jamais employé plus de 40 % des actifs. Depuis 1950, on assiste au développement continu du secteur tertiaire, qui emploie aujourd'hui 73 % des actifs, contre 24 % pour l'industrie et la construction et seulement 3 % pour le secteur primaire. Sur les 120 millions d'emplois civils, 45 % sont occupés par des femmes et 91 % sont salariés (l'une des plus fortes proportions du monde). 
 
Le redéploiement des actifs vers le tertiaire est indissociable de la croissance urbaine. Les citadins forment 6 % de la population en 1800, 15 % en 1850, 40 % en 1900 et près de 80 % de nos jours. L'exode rural et l'afflux des immigrés engendrent d'énormes conurbations. Celle de New York-Philadelphie-Baltimore-Washington – la plus peuplée du monde – rassemble 40 millions d'habitants; celle de Los Angeles-Santa Barbara, près de 12 millions sur 5.000 km2. Dans ces agglomérations, le tissu urbain est très lâche, un phénomène imputable à la prédominance de l'habitat pavillonnaire. 
 
Personnalités Nord américaines 
La géographie des Usa